Par Nitaï Gaurasundara Das
Bienvenue à tous dans ce billet d’humeur du 16 septembre 2026.
Ce week-end, il y a eu un raz-de-marée pour le concert de Céline Dion à Paris.
Elle n’avait pas chanté depuis six ans, en raison d’une maladie neurologique, la maladie de la personne raide.
Et quand elle a annoncé qu’elle ferait des concerts en France, en quatre jours, 480 000 billets ont été vendus.
Donc, six ans sans faire de concert et un retour qui est considéré par la plupart des médias comme un véritable raz-de-marée.
Les gens sont venus du monde entier pour la voir. Michelle Obama est venue des États-Unis pour la voir.
Un coiffeur marseillais, malgré le prix élevé des places — 600 euros la place —, a acheté seize billets, soit 10 000 euros, pour voir sa vedette préférée.
Alors évidemment, c’est une légende, c’est une icône de la musique. Elle a un talent incroyable.
Mais elle a dû s’arrêter pendant six ans pour cette maladie qui l’a énormément diminuée physiquement, et c’était très risqué pour elle de se produire en concert en raison du public nombreux — plus de 30 000 personnes au premier concert —, du son, de la lumière.
Elle aurait pu avoir une crise sur scène et tout arrêter. Il n’en a rien été.
Évidemment, cette force qui est en elle, elle l’attribue à son public, mais elle a aussi une énergie incroyable.
Ce qui est frappant aussi, c’est le va-et-vient de sentiments d’amour qu’elle donne à son public et qui, en retour, bien sûr, lui en donne énormément.
Voilà, ça nous interpelle. On est en 2026.
Il y a cinq cents ans, au Bengale, Sri Chaitanya Mahaprabhu a échangé lui aussi avec un public incroyable, des milliers et des milliers de personnes, à chaque fois qu’il se déplaçait, des sentiments profonds d’amour, d’amour divin.
Il y avait un phénomène partout où il se déplaçait.
Il n’y avait pas de train, il n’y avait pas d’avion, toutes les techniques modernes, les téléphones, Internet, toutes ces choses-là n’existaient pas.
Les déplacements se faisaient à pied.
Dès que Chaitanya Mahaprabhu, envoyé divin, avatar divin, se déplaçait quelque part, des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes se déplaçaient avec lui, naturellement portées par l’amour qu’il donnait à tous les êtres qui l’entouraient.
Cet amour, cette attraction naturelle viennent du message, bien sûr, qu’il était venu donner.
Il était l’avatar venu établir le yuga-dharma pour cet âge, cet âge sombre, l’âge de Kali, l’âge de la discorde et de l’hypocrisie.
Chaitanya est venu amener le chant du MahÄ-mantra :
Et bien avant les médias sociaux, il y avait des centaines de milliers de « followers ».
Cet événement récent autour d’une vedette internationale et mondiale nous rappelle donc cet événement qui l’a précédé, il y a cinq cents ans, avec la venue de Mahaprabhu.
Dans le Srimad Bhagavatam, il y a de très belles prières de la reine Kunti, qui s’adresse à Dieu.
Bien évidemment, avec beaucoup de sincérité — elle était reine, elle était célèbre —, elle montre que, pour atteindre l’Être suprême, il faut être, en quelque sorte, désenchanté par toute cette folie du monde matériel.
Voilà ce qu’elle dit dans le Srimad Bhagavatam, Chant I, chapitre 8 :
« Il est facile de t’atteindre, ô Seigneur, mais seulement pour l’homme désenchanté par la matière.
Car celui qui foule le sentier de la prospérité matérielle, qui est grisé par l’ambition d’une noble naissance, par de vastes richesses, par une haute éducation et par des traits physiques charmeurs, eh bien, cette personne reste incapable de s’adresser à ta grâce avec sincérité.
À toi, mon hommage, qui te donnes aux âmes dépouillées des bienfaits matériels. Tu n’es en rien sujet à l’influence des trois gunas que sont la vertu, la passion et l’ignorance, parce qu’en toi-même, tu puises ta joie.
Tu es par excellence l’être paisible et tu donnes à tous, sans compter, toutes sortes de bénédictions.
Je vois ta grâce comme le temps éternel, le maître absolu, sans commencement ni fin, l’omniprésent. Et c’est avec équanimité qu’à tous, tu distribues ta miséricorde.
Les conflits entre les êtres ne résultent pas de toi, mais d’eux-mêmes dans leurs rapports entre eux.
Et enfin, de même que l’âme spirituelle, l’étincelle vivante, lorsqu’elle sort du corps, eh bien, avec elle s’évanouissent le nom et la gloire qui s’attachaient à ce corps.
Eh bien, de même, si tu cesses de veiller sur nous, les Pandavas, s’éteindront aussi le renom et les exploits de toute notre dynastie. »
Voilà, on va conclure sur ces mots d’une très grande âme, la reine Kunti, qui s’adresse avec beaucoup de sincérité à Krishna.
La célébrité passe, le nom s’efface,
mais l’amour divin demeure.